Édition #5

OpenClaw et les agents autonomes

mercredi 8 avril 2026 · 18h30 - 21h00 · Le7bis, Toulouse · 41 présents

Page Luma de l'édition

Cette édition était consacrée à OpenClaw, le projet open source qui permet de faire tourner un agent IA autonome sur sa propre machine, et plus largement aux assistants personnels qui agissent à la place de leur utilisateur. Trois intervenants ont présenté leur usage et leur setup : un majordome IA qui prend en charge emails, agenda et messagerie, une alternative plus légère et plus cloisonnée à OpenClaw, et un assistant construit sur Claude Code qui tourne sur un Raspberry Pi 5. Deux fils traversent les trois présentations : la sécurité d'un agent qui a accès à toute sa vie numérique, et le coût en tokens d'un agent qui travaille en continu. Le message commun : ces assistants font déjà gagner du temps au quotidien, à condition de choisir consciemment ce qu'on leur ouvre et ce qu'on garde en main.

Les interventions

Les vidéos et les présentations sont réservées aux personnes inscrites à au moins une édition. On te demandera ton prénom et ton nom.

OpenClaw : Prestor, l'IA majordome

Agents autonomes · Organiser son travail avec l'IA
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Cyril Alfaro est intervenu sur OpenClaw en présentant Prestor, « l'IA majordome qui vous veut du bien (et parfois du mal) ». Sa présentation, très visuelle, raconte l'usage plutôt que la technique : les slides ne détaillent pas l'installation ni l'outil sous-jacent.

Prestor, un assistant personnel avec du caractère

  • Le point de départ. D'après sa présentation, avant Prestor : trois heures par jour perdues à trier les emails, un agenda géré sur des post-it, une messagerie WhatsApp hors de contrôle et une application de suivi d'habitudes (Habitica) oubliée depuis des semaines.
  • Ce que fait l'assistant. Prestor trie les emails, organise l'agenda (réunions, déjeuners) et prend en charge les messages.
  • L'incident WhatsApp. Prestor a un jour répondu lui-même à un message personnel, une question sur une course à faire, « ayant pris le contrôle du téléphone avant que Monsieur ne le réalise », avec un ton de majordome. Un exemple concret de ce qui arrive quand un agent a la main sur une messagerie personnelle.
  • Le twist. Selon Cyril Alfaro, Prestor anticipe les besoins « parfois trop bien », a des opinions discrètes sur les choix musicaux et rappelle les réunions quotidiennes sur un ton de plus en plus passif-agressif : « une IA qui vous sert, mais qui a du caractère ».
  • Le bilan. Le temps gagné sert à ce qui compte vraiment, et notamment, d'après sa conclusion, à avancer sur un projet personnel sans culpabiliser.

NanoClaw, une alternative sécurisée à OpenClaw

Agents autonomes · Sécurité et coûts
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Leo Dumon, qui publie sous le pseudonyme Myastr0, a présenté NanoClaw, qu'il a choisi plutôt qu'OpenClaw pour orchestrer ses agents IA. Les éléments ci-dessous viennent de son article, publié le lendemain du meetup, dont le contenu peut aller au-delà de ce qui a été présenté.

Pourquoi regarder au-delà d'OpenClaw

  • La taille du projet. Selon Leo Dumon, OpenClaw représente environ 434 000 lignes de code et près de 70 dépendances externes. Pour un outil qui tourne avec un accès aux projets, au système de fichiers et à Internet, c'est une surface d'attaque difficile à auditer pour un développeur seul.
  • Le modèle de sécurité. OpenClaw gère l'isolation au niveau applicatif, pas au niveau du système d'exploitation, un choix qu'il juge risqué pour un outil capable d'exécuter du code et d'appeler des API.
  • NanoClaw en chiffres. Environ 3 900 lignes de code, moins de 10 dépendances, et un agent qui tourne dans un conteneur isolé. Soit un facteur 100 sur la taille du code, d'après son article.

Installation et usages

  • Un setup « AI-native ». Installation sur un mini-PC à domicile, lancée avec une session Claude Code, avec un seul prérequis manuel : connecter un serveur Discord dédié. Lancée un vendredi soir, l'installation était opérationnelle à son retour, et le reste de la configuration s'est fait en envoyant des messages à l'agent depuis son téléphone.
  • Mode 1:1. Un agent, un serveur Discord avec un canal par contexte. L'agent a accès au web, à sa mémoire et aux outils configurés, depuis n'importe quel appareil.
  • Mode Swarm. Plusieurs agents, chacun avec son rôle et ses canaux, coordonnés par un agent « Master » qui orchestre et dispatche, avec une base de connaissance partagée. Résultat décrit : des rapports asynchrones dans Discord, un pipeline de contenu automatisé, une coordination sans intervention humaine.
  • L'architecture de sécurité. Zéro confiance implicite entre les couches : l'utilisateur échange par Discord ou WhatsApp, l'agent tourne dans un conteneur isolé et ne voit que ce qu'on lui monte explicitement, et l'hôte valide chaque requête avant exécution, y compris vers Internet.
  • Le moment « woah ». NanoClaw modifie son propre code : il anticipe des patterns, intègre durablement les contraintes qu'on lui impose, crée lui-même des agents spécialisés et conçoit des outils pour les gérer.

Limites et contournements

  • Observabilité opaque. La gestion interne des agents reste une boîte noire. Contournement : un historique Git avec commits automatiques, et la lecture régulière des diffs.
  • Consommation de tokens. En mode Swarm, un abonnement Claude Pro atteint vite ses limites, environ 20 dollars pour une heure de conversation selon Leo Dumon. Contournement : router par complexité, les tâches simples vers un modèle local avec Ollama, les complexes vers Claude Code.
  • Pour qui. Excellent rapport effort/résultat pour un usage personnel, sécurisé par défaut. Pour une équipe ou une entreprise, la base de sécurité est solide mais il reste à construire l'observabilité, la gestion des droits et l'audit. Son verdict : « pas une silver bullet, mais une base saine », avec des coûts qui montent vite en usage intensif, comme pour OpenClaw.

Nex, un assistant personnel sur Raspberry Pi 5

Agents autonomes · Organiser son travail avec l'IA · Sécurité et coûts
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Alexis Briend, co-organisateur de la soirée, a présenté Nex, l'assistant personnel qu'il a construit autour de Claude Code et qui tourne sur un Raspberry Pi 5.

Construire son assistant sur Claude Code

  • Le point de départ. D'après sa présentation, trois options : OpenClaw, écarté car « interdit par Anthropic » selon lui ; l'API Claude, jugée trop chère ; Claude Code, avec un usage quasi illimité dans le cadre d'un abonnement Max à 100 dollars par mois. D'où la question : comment transformer un outil en ligne de commande en assistant personnel ?
  • La clé : stdin et stdout. Claude Code se lance avec des entrées et sorties au format JSON en flux (--input-format stream-json --output-format stream-json) et sans demande de permission. « JSON in, JSON out. C'est tout. »
  • L'architecture. Un Raspberry Pi 5 (8 Go, ARM64) avec un pont en Python qui pilote Claude Code en sous-processus, un bot Telegram, un planificateur de tâches et une API REST (agenda, mails, rappels). S'y ajoutent un tableau de bord web en Next.js, un second bot Telegram indépendant en secours, et une application Android pour la voix, transcrite avec Whisper via Groq.
  • Telegram comme interface. Pas d'application web complexe à maintenir : commandes, messages vocaux, fichiers, photos et notifications natives, utilisables partout.
  • Ce qu'il voit. Gmail, l'agenda, plus de 900 notes Obsidian, une cinquantaine de playlists YouTube Music et d'autres données personnelles, plus la voix.
  • Ce qu'il fait. Des rappels proactifs (tâches planifiées et agenda), la lecture des mails et la rédaction des réponses, avec un envoi qui reste manuel, des recommandations musicales (embeddings audio CLAP), la recherche dans toute sa vie numérique, le déploiement de son propre code, et un redémarrage autonome grâce au bot de secours.
  • Le coût. Environ 1 400 dollars de tokens consommés par semaine, pour 200 dollars facturés par mois. Selon Alexis Briend, le plan à 100 dollars par mois suffisait largement.
  • Chez soi. Tout tourne sur le Raspberry Pi : « Pas de cloud. Mes données restent chez moi. »

Bonnes pratiques

  • Faites tourner votre agent dans un environnement isolé (conteneur) et ne lui montez que les dossiers et accès dont il a besoin.
  • Gardez la main sur les actions engageantes : laissez l'agent rédiger, mais envoyez vous-même, surtout sur une messagerie personnelle.
  • Versionnez le code et la configuration de l'agent avec des commits automatiques, et relisez les diffs pour savoir ce qu'il a changé.
  • Surveillez la consommation de tokens dès que plusieurs agents tournent en parallèle ou en continu, et vérifiez quel abonnement couvre réellement votre usage.
  • Routez les tâches simples vers un modèle local et réservez le modèle le plus puissant aux tâches complexes.
  • Passez par une messagerie que vous utilisez déjà (Discord, Telegram) comme interface plutôt que de développer une application.
  • Prévoyez un moyen indépendant de relancer l'assistant s'il tombe.
  • Avant d'adopter un outil d'agents, regardez sa taille, ses dépendances et son modèle de sécurité : un outil que vous pouvez auditer vaut souvent mieux qu'un outil plus complet.

Outils cités

OutilUsage évoqué
OpenClawAgent autonome open source, thème de la soirée ; jugé trop volumineux et à sécurité applicative par Leo Dumon
NanoClawOrchestration d'agents minimaliste, agent isolé en conteneur, modes 1:1 et Swarm
Claude CodeInstallation de NanoClaw, cerveau de l'assistant Nex piloté en JSON
DiscordInterface de NanoClaw, un canal par contexte ou par agent
TelegramInterface de Nex : commandes, vocaux, fichiers, notifications
OllamaModèle local pour les tâches simples, pour limiter la consommation de tokens
Raspberry Pi 5Machine qui héberge Nex à domicile
Groq (Whisper)Transcription des messages vocaux de Nex
ObsidianNotes indexées par Nex
Next.jsTableau de bord web de Nex

Pour aller plus loin